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Nadal se rassure
Rafael Nadal a remis les pendules à l'heure en s'adjugeant le Masters Series d'Indian Wells, dimanche, face au Serbe Novak Djokovic (6-2, 7-5 ). Un an seulement sépare les deux joueurs, l'Espagnol de 20 ans et le Serbe de 19, mais, alors que le n°2 mondial en était à six titres en Masters Series, Djokovic disputait sa première finale à ce niveau. Battu, il se consolera avec l'assurance d'entrer dans le Top 10 au classement de lundi, alors que Nadal, en remportant le 18e titre de sa carrière, va reprendre quelques points à son illustre rival Roger Federer, éliminé au deuxième tour.
Nadal a donc remporté le premier titre de sa saison lors d'une finale qui, cette année, se disputait en deux sets gagnants. Annoncé comme traversant une période de doutes, présenté comme en baisse de régime, l'Espagnol a démoli les doutes autant que ses différents adversaires. Beaucoup plus tranchant sur son fameux coup droit, en progrès constant au service, il a su s'imposer en patron.
Face à un adversaire qui n'est pas parvenu à évacuer rapidement la tension, Nadal a su faire la différence. Un break réalisé d'entrée de match puis converti (3-0) et le premier set était plié. Plié par un coup droit dont le lift giclant et la longueur ont paradé comme aux plus beaux jours, par un jeu de jambes toujours aussi précis et par, désormais, un service très efficace. Ce dernier secteur a crucifié Djokovic, qui a terminé la première manche à 32% de premières balles.
Nadal a su tenir
Un cri de rage sur un retour dehors alors que "Rafa" servait pour le set (2-5) a été le premier signe de révolte de Djokovic. Oppressé par l'intensité de jeu de l'Espagnol, Djokovic avait dû céder (2-6). Or, plus serein car dos au mur, il a attaqué toutes griffes dehors la deuxième manche. Nadal avait jusque-là démoli brique par brique le jeu du Serbe et son moral par une terrible longueur de balle. Mais le scénario de la victoire tranquille a alors commencé à subir quelques ratés.
Plus agressif sur son côté droit, le Serbe a bousculé le double vainqueur de Roland-Garros. Soudain attentiste, Nadal a raccourci à l'échange et la partie s'est équilibrée. Moins serein, l'Espagnol a commencé à donner des points, suffisamment pour remettre en confiance le Serbe qui a imposé sa cadence du fond du court. Mais le joueur de Manacor en a vu d'autres. Hors de question de douter, il a fallu laisser passer l'orage, laisser passer les attaques de coup droit qui l'ont planté trop souvent à son goût à plusieurs mètres de la balle.
De la précipitation sur les points importants et voilà les occasions de faire tourner la rencontre envolées pour Djokovic. Nadal, à la lutte et au courage, s'est suffisamment accroché pour ne pas rompre. Lors du gros bras de fer qui s'est alors engagé, il a su défendre bec et ongles son terrain, acceptant le mano a mano. A 5-5, la tension à son comble, un échange très long remporté par l'Espagnol a vidé les dernières réserves du Serbe, qui a offert deux balles de break à Nadal sur une double faute. Un passing de revers croisé que Roddick en demies avait eu l'occasion de voir et de revoir, a ainsi délivré Nadal. Servant pour le titre, le poing serré et le «vamos !» vengeur, il n'a pas cogité au moment de débloquer son compteur de la saison sur sa troisième balle de match (7-5).